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Planifier avec intention : fini les thèmes et les répartitions annuelles !

leadership pédagogique qualité éducative

Planifier, c’est important.

Évidemment.

Ça nous aide à savoir ce qu’on va proposer aux enfants.

À préparer le matériel.

À organiser notre environnement.

À éviter d’arriver le lundi matin en se demandant :

« Bon… qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? » 😅

Mais la planification pédagogique devrait être beaucoup plus qu’une liste d’activités à réaliser pendant la semaine.

Parce qu’on peut avoir une planification parfaitement remplie…

et pourtant passer complètement à côté des enfants qu’on accompagne.

Et c’est là que j’aimerais qu’on fasse une distinction importante :

Planifier ne consiste pas seulement à décider ce qu’on va faire.

Il s’agit surtout de réfléchir à pourquoi on le fait, pour qui on le fait et ce que l’on souhaite soutenir chez les enfants.

Le piège de la planification qui se répète année après année

Tu la connais sûrement.

Septembre : moi et ma famille.

Octobre : l’automne.

Novembre : les animaux.

Décembre : Noël.

Janvier : l’hiver.

Février : les émotions ou la Saint-Valentin.

Puis on ressort à peu près les mêmes livres, les mêmes bricolages, les mêmes chansons et les mêmes activités que l’année précédente.

Et l’année suivante…

on recommence.

Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut plus jamais parler de l’automne ou des animaux. 😉

Bien sûr que les saisons, les événements et les thèmes peuvent être de magnifiques sources d’inspiration.

Le problème commence lorsque le thème devient le point de départ automatique de toute notre planification.

Parce qu’entre nous…

même toi, après plusieurs années comme éducatrice, tu dois finir par être un peu tannée de lire exactement les mêmes histoires sur les pommes chaque mois de septembre. 😅

Alors imagine si notre pratique professionnelle consistait uniquement à répéter le même calendrier pédagogique année après année.

On ne serait plus vraiment en train de planifier.

On serait en train de reproduire.

Les enfants de cette année ne sont pas ceux de l’année dernière

Et c’est probablement la meilleure raison de ne pas simplement ressortir la même répartition annuelle.

Ton groupe a changé.

Les enfants ont changé.

Leurs intérêts sont différents.

Leurs expériences sont différentes.

Leurs compétences aussi.

Même deux groupes du même âge peuvent avoir des dynamiques complètement différentes.

Un groupe peut être fasciné par les constructions.

Un autre par les animaux.

Un autre encore passer trois semaines à inventer des scénarios de restaurant, de voyage ou de superhéros.

Alors pourquoi leur proposer exactement le même parcours simplement parce qu’ils ont le même âge ?

Une planification réellement centrée sur l’enfant commence par accepter cette idée :

la planification devrait pouvoir changer parce que les enfants changent.

C’est aussi pour cela que l’observation est tellement importante.

Elle nous permet de ne pas seulement demander :

« Qu’est-ce que j’ai prévu cette semaine ? »

mais aussi :

« Qu’est-ce que les enfants me montrent actuellement ? »

Une planification basée sur les enfants ne veut pas dire laisser tomber toute intention

Attention à l’autre extrême.

Être centrée sur les enfants ne signifie pas :

« On les regarde jouer et on verra bien ce qui arrive. »

L’éducatrice garde un rôle pédagogique essentiel.

Elle possède des connaissances sur le développement.

Elle connaît les compétences que les enfants sont en train de construire.

Elle réfléchit à l’environnement.

Elle cherche à enrichir leurs expériences.

Elle peut introduire de nouvelles idées et ouvrir des possibilités auxquelles les enfants n’auraient pas nécessairement pensé seuls.

Mais plutôt que d’imposer un programme complètement déconnecté du groupe, elle cherche à créer une rencontre entre :

ce qu’elle observe chez les enfants

et

ce qu’elle sait de leur développement et des possibilités d’apprentissage.

C’est là que la planification devient vraiment pédagogique.

L’intention vient avant l’activité

Lorsque j’étais directrice pédagogique, il m’arrivait de regarder une planification et de demander :

« Pourquoi cette activité ? »

Et parfois, la réponse ressemblait à :

« Parce qu’on travaille les animaux cette semaine. »

Alors je poussais un peu :

« Oui… mais pourquoi cette activité-là ? Qu’est-ce que tu souhaites soutenir chez les enfants ? »

Et là…

🦗🦗🦗

Les fameux criquets. 😅

Ce n’était pas parce que l’éducatrice était mauvaise.

Souvent, elle avait simplement appris à penser la planification à partir du quoi.

Quelle activité ?

Quel bricolage ?

Quelle histoire ?

Quel thème ?

Alors qu’une pratique plus intentionnelle commence aussi par le pourquoi.

Qu’est-ce que j’ai observé ?

Qu’est-ce que les enfants essaient actuellement de comprendre ou de développer ?

Quelle expérience pourrait leur permettre d’aller un peu plus loin ?

C’est cette réflexion qui donne du sens à la planification.

Et ton article original avait déjà cette idée très forte : une planification réussie doit permettre de clarifier le « pourquoi » derrière les activités, plutôt que de rester uniquement dans le quoi et le comment.

Et c’est là que la différenciation devient essentielle

Il y a une autre réalité qu’une planification standardisée oublie facilement :

tous les enfants n’ont pas besoin de la même chose au même moment.

Prenons une activité très simple.

Tu proposes une expérience de construction.

Pour un enfant, le défi peut être moteur : réussir à empiler les pièces.

Pour un autre, il peut être cognitif : comprendre comment stabiliser sa structure.

Pour un autre encore, le vrai défi est social : réussir à construire avec un camarade sans tout contrôler.

Même activité.

Mais trois besoins complètement différents.

C’est là qu’entre en jeu la différenciation pédagogique.

Différencier ne signifie pas préparer 18 activités différentes pour 18 enfants.

Heureusement. 😅

Cela signifie reconnaître que les enfants :

n’en sont pas tous au même endroit,

n’ont pas tous les mêmes intérêts,

n’ont pas tous besoin du même niveau de soutien,

et ne vont pas nécessairement apprendre exactement la même chose d’une expérience.

Une bonne planification crée donc suffisamment de souplesse pour permettre plusieurs façons :

d’entrer dans l’activité,

d’explorer,

de participer,

de réussir,

et d’aller plus loin.

Les enfants peuvent aussi participer à la planification

Et ça, je trouve qu’on le sous-estime encore beaucoup.

Pourquoi faudrait-il que toutes les bonnes idées viennent de l’adulte ?

Les enfants nous donnent constamment des pistes.

Dans leurs jeux.

Dans leurs conversations.

Dans leurs questions.

Dans ce qu’ils choisissent encore et encore.

Dans ce qu’ils essaient de construire, de comprendre ou d’inventer.

Ils peuvent même participer beaucoup plus directement.

Partager une idée.

Exprimer une envie.

Choisir entre plusieurs possibilités.

Faire évoluer un projet.

Décider de ce qu’ils aimeraient approfondir.

Ton texte original parlait déjà de cette co-construction et du fait de donner aux enfants une vraie place dans les décisions qui concernent leurs expériences d’apprentissage.

Et lorsque les enfants participent réellement…

l’engagement change.

Parce qu’ils ne sont plus seulement les destinataires de notre planification.

Ils deviennent en partie co-constructeurs de leur expérience.

Une planification n’est pas un contrat

Voilà une phrase que j’aimerais que toutes les éducatrices gardent quelque part :

Une planification est une hypothèse, pas une obligation.

Tu observes ton groupe.

Tu réfléchis.

Tu proposes quelque chose.

Puis…

les enfants te montrent peut-être autre chose.

Et c’est normal.

Une planification de qualité doit pouvoir bouger.

Tu avais prévu une expérience pendant 20 minutes et les enfants y restent une heure ?

Pourquoi l’arrêter simplement parce que le prochain bloc est écrit sur ta feuille ?

Tu pensais qu’un projet allait passionner tout le groupe et il ne décolle jamais ?

Tu peux le laisser tomber.

Tu avais prévu de continuer une activité, mais une nouvelle question surgit et enthousiasme tout le monde ?

Tu peux suivre cette piste.

Changer une planification ne signifie pas que tu as mal planifié.

Parfois, ça signifie exactement l’inverse :

tu es suffisamment attentive aux enfants pour ne pas laisser ton document prendre plus de place qu’eux.

Planifier, c’est aussi créer de la cohérence

Alors oui, une planification nous aide à organiser notre semaine.

Mais sa vraie valeur va beaucoup plus loin.

Elle permet de créer un lien entre :

ce qu’on observe,

ce qu’on comprend des enfants,

ce qu’on souhaite soutenir,

et les expériences que nous leur proposons.

Elle évite d’enchaîner les activités simplement parce qu’elles sont jolies, saisonnières ou disponibles dans notre classeur depuis 2017. 😉

Elle permet également à l’éducatrice de pouvoir expliquer ses choix.

Pas seulement :

« On fait cette activité aujourd’hui. »

Mais :

« Voilà pourquoi cette expérience me semble pertinente pour ce groupe en ce moment. »

Et pour moi, c’est là qu’on passe d’une planification d’activités à une véritable planification pédagogique.

Une bonne planification devrait rester vivante

Parce qu’elle appartient à ce groupe.

À ces enfants.

À ce moment précis.

Elle s’inspire de leurs intérêts sans être prisonnière de leurs intérêts.

Elle tient compte de leurs besoins sans chercher à faire la même chose avec tout le monde.

Elle donne une direction à l’éducatrice sans lui enlever sa capacité d’adaptation.

Elle peut intégrer une fête, une saison ou un thème…

mais elle ne dépend pas d’un calendrier répété automatiquement année après année.

Et surtout :

elle donne du sens à ce que nous proposons aux enfants.

C’est ça, pour moi, planifier avec intention.

Pas remplir toutes les cases.

Pas prévoir chaque minute.

Pas trouver toujours plus d’activités.

Mais être capable de répondre à cette question toute simple :

« Pourquoi est-ce que je propose ça à CES enfants, maintenant ? »

Si tu sais répondre à cette question…

ta planification vient déjà de changer de niveau.

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C’est justement l’une des compétences que je t’aide à développer dans le Cycle de l’intervention éducative QUALITÉ.

L’objectif n’est pas de te donner une nouvelle banque de thèmes ou des planifications toutes faites à reproduire.

C’est de t’aider à développer ton propre raisonnement pédagogique pour construire des expériences centrées sur les enfants, différenciées et réellement liées à ce que tu observes dans ton groupe.

Le programme est entièrement en ligne et tu avances à ton rythme.

Tu as également accès au forum ÉDUC de la communauté des SAVOIRS, ainsi qu’à moi tout au long de ton parcours pour poser tes questions et approfondir tes réflexions.

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Parce qu’une bonne planification ne commence pas par :

« Quel est le thème de la semaine ? »

Elle commence par :

« Qui sont les enfants devant moi… et de quoi ont-ils besoin maintenant ? »

Parce que la qualité éducative ne s’improvise pas.
Elle se construit, une étape à la fois.