Le changement est inévitable. Mais est-ce que tu progresses vraiment ?
« Le changement est inévitable, mais le progrès ne l’est pas. »
— Tony Robbins
Cette phrase, je l’aime depuis longtemps.
Parce qu’elle résume quelque chose qu’on oublie facilement dans nos métiers : ce n’est pas parce que les choses changent autour de nous que nous progressons automatiquement avec elles.
Et en petite enfance, du changement, on en vit.
Une nouvelle équipe.
Un nouveau groupe d’enfants.
Une nouvelle direction.
Un nouveau programme.
De nouvelles attentes.
De nouvelles responsabilités.
Parfois même, on a tellement l’impression d’être constamment en train de s’adapter qu’on pourrait croire qu’on évolue forcément.
Mais changer et progresser, ce n’est pas tout à fait la même chose.
On peut traverser beaucoup de changements… sans réellement faire évoluer sa pratique.
On peut accumuler des années d’expérience… sans nécessairement développer de nouvelles compétences.
On peut suivre plusieurs formations… sans que quelque chose change réellement sur le terrain.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de te proposer une autre façon de réfléchir au développement professionnel.
Pas comme une course au « toujours plus ».
Mais comme une démarche beaucoup plus intentionnelle.
L’expérience ne garantit pas automatiquement la progression
On entend souvent :
« Elle a dix ans d’expérience. »
Et évidemment, l’expérience compte énormément.
Mais dix années dans un métier ne signifient pas nécessairement dix années de progression.
Parce qu’il est possible de refaire les mêmes choses, de la même façon, année après année.
Une éducatrice peut avoir énormément d’expérience et continuer à planifier exactement comme elle le faisait cinq ans plus tôt.
Une directrice peut avoir géré plusieurs équipes sans avoir réellement développé sa capacité à déléguer.
Une responsable pédagogique peut connaître parfaitement son métier… mais ne jamais avoir appris à transmettre ce qu’elle sait aux autres.
L’expérience nous donne des situations à vivre.
Ce que nous en faisons détermine notre progression.
Et c’est là que l’intention entre en jeu.
Commence par décider ce que tu veux réellement faire évoluer
Quand on parle de développement professionnel, notre premier réflexe est souvent :
« Qu’est-ce que je devrais apprendre maintenant ? »
Je préfère une autre question :
« Qu’est-ce que j’aimerais mieux faire ? »
La différence semble petite, mais elle change beaucoup de choses.
Parce que ton objectif n’est pas nécessairement d’accumuler plus de connaissances.
Il peut être de mieux observer.
De mieux communiquer avec les familles.
De prendre davantage ta place dans ton équipe.
De mieux accompagner une éducatrice.
De déléguer.
De mieux planifier.
De développer une posture de leader.
Ou simplement de te sentir plus solide dans une partie de ton rôle qui te demande encore beaucoup d’énergie.
Ton développement professionnel devient beaucoup plus concret lorsque tu peux dire :
Voilà ce que je veux faire évoluer dans ma pratique.
Pas dix choses.
Une ou deux priorités peuvent largement suffire.
Une formation ne transforme pas une pratique à elle seule
J’adore apprendre.
Et évidemment, je crois profondément à la formation.
Mais il y a une distinction importante à faire :
apprendre quelque chose et savoir le faire ne sont pas la même chose.
Tu peux suivre une excellente formation sur l’observation.
Comprendre toutes les notions.
Prendre de belles notes.
Repartir motivée.
Mais la vraie progression commence après.
Quand tu observes réellement.
Quand tu essaies.
Quand tu te rends compte que ce n’est pas aussi simple que dans les exemples.
Quand tu analyses ce qui s’est passé.
Quand tu ajustes.
Et que tu recommences.
C’est exactement la même chose pour le leadership, la communication, la planification, la gestion d’équipe ou n’importe quelle compétence professionnelle.
Il y a un moment où il faut passer du :
« Je sais. »
au :
« Je suis capable de le faire dans mon quotidien. »
Et c’est souvent cette étape qui manque dans notre développement professionnel.
Être très occupée ne veut pas dire progresser
Ça aussi, c’est important.
Parce qu’on peut facilement confondre mouvement et progression.
Tu peux avoir participé à trois formations.
Commencé deux nouveaux projets.
Téléchargé cinq outils.
Lu quatre articles.
Écouté plusieurs podcasts.
Ajouté de nouvelles idées à ta planification.
Et malgré tout… ne pas avoir réellement intégré quoi que ce soit.
Parfois, nous n’avons pas besoin d’ajouter une nouvelle chose.
Nous avons besoin de nous arrêter suffisamment longtemps pour demander :
Qu’est-ce que je veux vraiment garder de tout ça ?
Qu’est-ce que je veux essayer ?
Qu’est-ce que je veux faire différemment à partir de maintenant ?
Progresser ne signifie donc pas nécessairement en faire plus.
Parfois, ça signifie même en faire moins, mais avec beaucoup plus d’intention.
Observe ce qui change réellement dans ta pratique
Il y a une question que j’aime particulièrement en coaching :
« Qu’est-ce que tu fais différemment aujourd’hui que tu ne faisais pas il y a six mois ? »
Pas :
Qu’est-ce que tu sais de plus ?
Pas :
Combien de formations as-tu suivies ?
Mais :
Qu’est-ce qui a réellement changé dans ta façon de travailler ?
Peut-être que tu prends maintenant quelques minutes pour observer avant d’intervenir.
Peut-être que tu poses davantage de questions à ton équipe au lieu de donner immédiatement la réponse.
Peut-être que tu planifies en fonction de ce que tu observes chez les enfants plutôt que de chercher une activité sur Pinterest.
Peut-être que tu délègues enfin certaines décisions.
Peut-être que tu communiques plus clairement tes attentes.
Ce sont ces petits changements de pratique qui montrent que ton apprentissage est en train de devenir une compétence.
Demande du feedback
Il est difficile de progresser seule.
Pas parce que tu n’es pas capable de réfléchir à ta pratique.
Mais parce que nous avons toutes nos angles morts.
Parfois, quelqu’un d’autre voit quelque chose que nous ne voyons plus.
Une collègue.
Une responsable pédagogique.
Une directrice.
Un mentor.
Un coach.
Le feedback peut nous aider à comprendre ce qui fonctionne déjà et ce qui mérite encore d’être ajusté.
Et il n’a pas besoin d’être compliqué.
Tu peux simplement demander :
Qu’est-ce que tu observes dans ma façon de faire ?
Qu’est-ce qui fonctionne bien ?
Qu’est-ce que je pourrais essayer autrement ?
Puis tester.
Observer.
Ajuster.
Et recommencer.
C’est cette boucle qui crée la progression.
Ton prochain niveau n’est peut-être pas un nouveau poste
Quand on parle de progression professionnelle, on pense aussi facilement à la carrière.
Éducatrice.
Responsable.
Directrice.
Fondatrice.
Comme si progresser signifiait forcément monter d’un échelon.
Mais pas nécessairement.
Tu peux rester éducatrice et développer une expertise incroyable.
Tu peux être directrice depuis plusieurs années et complètement transformer ta façon de diriger.
Tu peux devenir beaucoup plus efficace, plus confiante et plus intentionnelle sans changer de titre.
Ton prochain niveau peut être :
une compétence,
une posture,
une nouvelle façon de réfléchir,
une meilleure capacité à transmettre,
ou simplement une pratique que tu maîtrises enfin suffisamment pour qu’elle devienne naturelle.
Le changement arrivera de toute façon
Les enfants continueront de changer.
Les équipes aussi.
Nos milieux évolueront.
Notre secteur évoluera.
Et nous devrons continuer à nous adapter.
Mais le progrès, lui, mérite qu’on s’y attarde.
Parce qu’il demande une intention.
Il demande de choisir ce que nous voulons développer.
D’essayer.
D’observer.
D’accepter de ne pas réussir parfaitement du premier coup.
Puis d’ajuster.
Encore et encore.
Alors plutôt que de te demander quelle nouvelle formation tu devrais suivre ou ce que tu devrais ajouter à ta liste…
pose-toi peut-être cette question :
Qu’est-ce que j’aimerais réellement faire différemment dans ma pratique dans six mois ?
Parce que le changement est inévitable.
Mais le progrès ?
Celui-là, on le construit.
Et toi, à quoi ressemble ton prochain niveau ?
Si cette réflexion t’amène à te questionner sur la suite de ton parcours, j’ai créé le guide gratuit Réussir sa carrière en petite enfance pour t’aider à prendre du recul sur où tu en es aujourd’hui, ce que tu veux développer et la direction que tu veux donner à ta carrière.
Et pas besoin d’avoir envie de changer de poste.
Parfois, évoluer commence simplement par mieux comprendre ce qu’on veut construire pour la suite.
👉 Télécharge gratuitement le guide Réussir sa carrière en petite enfance