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Rétention en petite enfance : s’épanouir pour durer dans le métier d’éducatrice

coaching développement professionnel leadership pédagogique

Pourquoi tant d’éducatrices quittent-elles un métier qu’elles aiment pourtant profondément ?
Pourquoi la rétention en petite enfance est-elle si fragile, même chez des professionnelles engagées, compétentes, passionnées ?

Parce qu’on nous apprend à exercer.
Mais on ne nous apprend pas à durer.

On nous forme au métier… pas à y rester

Les formations en petite enfance sont exigeantes.
On y apprend à observer les enfants, à assurer leur sécurité, à accompagner leur développement, à planifier des activités, à adopter une posture professionnelle.

Mais une chose manque presque toujours :
l’apprentissage de la durée.

On ne nous apprend pas à reconnaître quand ça ne va plus.
On ne nous apprend pas à traverser les gros moments de doute.
On ne nous apprend pas quoi faire quand l’énergie baisse, quand la motivation s’effrite… et que ça dure.

Et pourtant, c’est là que se joue une grande partie de la rétention des éducatrices.

La rétention ne se joue pas seulement à l’extérieur

Quand on parle de rétention en petite enfance, on pense souvent à ce qui est extérieur :

  • les conditions de travail

  • le salaire et les avantages 

  • la reconnaissance professionnelle

Ces éléments sont essentiels.
Mais ils ne suffisent pas.

Parce qu’on ne retient pas une éducatrice uniquement avec des mesures extérieures
si, intérieurement, elle est épuisée, en conflit avec elle-même,
ou coupée du sens de son métier.

La rétention se joue aussi à l’intérieur.

La compétence qu’on ne t’a jamais apprise : l’épanouissement professionnel

S’épanouir dans son travail, ce n’est pas être plus forte que les autres.
Ce n’est pas toujours voir le bon côté des choses.
Ce n’est pas serrer les dents et continuer.

C’est autre chose.
Et on ne nous l’a jamais appris.

L’épanouissement professionnel est une vraie compétence.

Concrètement, cette compétence, c’est la capacité à :

  • repérer les premiers signes d’usure, avant l’épuisement ou le ras-le-bol

  • ajuster sa façon de travailler pour tenir dans le temps, sans se perdre

  • faire évoluer sa posture, son rôle, ses priorités, sans avoir l’impression de trahir ce qui nous a donné envie de faire ce métier

  • traverser les périodes de doute sans tout remettre en question, ni culpabiliser

  • retrouver du sens quand la motivation baisse, sans attendre d’être au bout du rouleau

C’est cette compétence qui permet de durer dans le métier.
Et donc, très concrètement, de rester.

Quand cette compétence manque, le doute devient une menace

Quand on n’a pas appris à développer cette compétence,
chaque période difficile devient une charge de plus.

Au début, on fait avec.
Puis ça s’accumule.
Et à un moment, ça devient trop lourd.

On se dit :
« Je ne suis peut-être plus faite pour ce métier. »
« Si je me sens comme ça, c’est qu’il y a un problème avec moi. »
« Peut-être que je devrais partir. »

Et souvent, ce doute est vécu comme une faiblesse.
Comme si on n’était pas à la hauteur.

Alors qu’en réalité,
il montre surtout qu’on n’a pas été suffisamment outillée — ni accompagnée — pour traverser ces moments-là.

Même quand cette compétence est développée, le doute revient

Même quand on a appris à s’épanouir dans son travail.
Même quand on a pris du recul.
Même après s’être réinventée plusieurs fois.

À certains moments de la carrière, le doute revient.

Pas parce qu’on est faible.
Pas parce qu’on n’aime plus son métier.

Mais parce que durer demande des ajustements.

On se surprend à se poser les mêmes questions :
Est-ce que je continue comme ça ?
Est-ce que je reste encore un peu ?
Ou est-ce qu’il est temps de changer quelque chose ?

L’épanouissement professionnel ne supprime pas ces questions.
Il permet de les traverser plus sereinement,
sans dramatiser,
et sans tout remettre en question au moindre passage plus difficile.

C’est ce qui permet de rester engagée dans la durée —
ou d’évoluer autrement,
dans le respect de soi
et sans perdre le sens de ce qu’on fait.

Conclusion

La rétention en petite enfance ne se résume pas à des conditions extérieures.
Elle se joue aussi dans la capacité à durer, à s’ajuster, à évoluer dans le temps.

C’est permettre à chaque éducatrice de construire un parcours qui lui ressemble,
à son rythme,
en tenant compte de son énergie,
de ses envies d’évolution,
et de ce qui l’anime vraiment.

Ce qui manque souvent, ce n’est pas la motivation.
C’est quelque chose de très simple, mais rarement enseigné :
apprendre à se comprendre soi-même dans ce métier.

Savoir repérer quand ça commence à tirer.
Écouter les signaux.
Ajuster sa posture, son rythme, sa place.
Et apprendre à faire carrière, pas seulement à tenir.

Ce qu’on ne nomme pas, on ne l’enseigne pas.
Et tant que cette compétence reste invisible,
l’usure continue d’être vécue comme un échec personnel,
plutôt que comme un signal normal d’un métier exigeant.

C’est cette compétence que mon premier livre vient enfin mettre en mots :
Être éducatrice — Ce qu’on ne t’apprend pas en formation pour t’épanouir et durer dans ce métier.

Parce que durer ne devrait pas être un combat.
Ça devrait être un apprentissage.

PS : Le livre sort très prochainement.
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