Académie

Un climat positif au préscolaire, ça se construit dans les petits gestes

développement professionnel qualité éducative

On aimerait toutes avoir un groupe dans lequel les enfants se sentent bien.

Un groupe où ils osent parler.

Explorer.

Faire des erreurs.

Demander de l’aide.

Entrer en relation avec les autres.

Mais un climat positif ne se crée pas simplement parce qu’on affiche des mots comme respect, bienveillance et gentillesse sur le mur.

Il se construit dans des dizaines de petites interactions, chaque jour.

Dans la façon dont on accueille une émotion.

Dans les mots qu’on utilise.

Dans notre réaction lorsqu’un conflit éclate.

Dans l’espace qu’on laisse aux enfants pour essayer.

Dans la manière dont on accompagne plutôt que de contrôler.

Et c’est justement là que le rôle de l’éducatrice devient essentiel.

La bienveillance, ce n’est pas « tout laisser passer »

C’est une confusion que je trouve importante à éviter.

Être bienveillante ne veut pas dire ne jamais dire non.

Ne jamais poser de limites.

Ou accepter tous les comportements sous prétexte que l’enfant est encore petit.

Un enfant a aussi besoin de repères clairs pour se sentir en sécurité.

La différence se trouve souvent dans la façon dont nous intervenons.

On peut poser une limite sans humilier.

Interrompre un comportement sans coller une étiquette à l’enfant.

Accompagner une émotion sans accepter qu’il frappe quelqu’un.

Par exemple, plutôt que :

« Arrête ! Tu n’es vraiment pas gentil. »

on peut dire :

« Je ne te laisse pas frapper. Tu es très fâché. Je vais t’aider. »

La limite est toujours là.

Mais l’enfant n’est pas défini par son comportement.

Et ça change beaucoup de choses.

Les mots que nous utilisons deviennent peu à peu leur petite voix intérieure

Les enfants entendent nos paroles toute la journée.

Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous commentons surtout ce qui ne va pas.

Ne cours pas.

Arrête de crier.

Fais attention.

Ne touche pas.

Dépêche-toi.

Certaines consignes sont évidemment nécessaires.

Mais imagine l’environnement émotionnel d’un enfant si ce sont principalement ces messages qu’il entend.

On peut aussi apprendre à mettre des mots sur ce que nous voulons voir :

« Tu as attendu ton tour. »

« J’ai vu que tu as essayé une autre solution. »

« Tu peux être fier de ton effort. »

« Ton idée est intéressante. Montre-moi. »

« Je suis là si tu as besoin d’aide. »

La bienveillance n’est donc pas seulement une valeur.

C’est une façon de parler aux enfants.

Un climat positif laisse aussi de la place aux émotions difficiles

Un groupe positif n’est pas un groupe dans lequel tout le monde est heureux toute la journée.

Heureusement. 😅

Les enfants vont être frustrés.

Déçus.

Fatigués.

Jaloux.

Fâchés.

Ils vont se disputer.

Pleurer.

Refuser.

Et ces moments font aussi partie de l’apprentissage.

Notre rôle n’est pas de faire disparaître chaque émotion désagréable le plus rapidement possible.

C’est d’aider progressivement l’enfant à :

  • reconnaître ce qu’il ressent;
  • mettre des mots dessus;
  • trouver des façons de l’exprimer;
  • et revenir vers les autres.

Une respiration.

Un endroit plus calme.

Une présence rassurante.

Une conversation après le conflit.

Parfois, l’intervention la plus éducative est simplement :

« Je vois que c’est difficile. Je reste avec toi. »

La coopération s’apprend en vivant avec les autres

On peut faire une activité sur l’amitié.

Mais les meilleures occasions d’apprendre à coopérer arrivent souvent naturellement dans la journée.

Deux enfants veulent le même objet.

Un groupe essaie de construire quelque chose ensemble.

Un enfant veut entrer dans un jeu déjà commencé.

Il faut partager du matériel.

Négocier une idée.

Écouter quelqu’un d’autre.

Résoudre un désaccord.

C’est là que les compétences sociales se construisent réellement.

L’éducatrice peut alors accompagner sans résoudre systématiquement le problème à la place des enfants.

« Vous avez tous les deux une idée différente. Comment pourriez-vous faire ? »

« Il veut jouer avec vous. Qu’est-ce qu’on pourrait lui proposer ? »

« Tu veux lui dire ce que tu n’as pas aimé ? »

Petit à petit, les enfants développent leur propre capacité à vivre ensemble.

Et puis il faut pouvoir sentir : « Ici, j’ai ma place »

Le climat du groupe se construit aussi dans l’environnement.

Est-ce que l’enfant reconnaît quelque chose de lui dans la classe ?

Ses créations sont-elles visibles ?

Ses idées sont-elles écoutées ?

Peut-il contribuer à l’aménagement ?

Les familles et les différentes réalités des enfants sont-elles représentées ?

Est-ce que certaines voix prennent toujours plus de place que les autres ?

Un enfant qui sent :

« Ici, je compte. Ici, je peux contribuer. Ici, on me connaît. »

ne vit pas son milieu de la même façon.

C’est aussi ça, le sentiment d’appartenance.

Et ce sentiment ne se construit pas uniquement avec un « mur des talents ».

Il se construit dans la manière dont l’enfant est considéré jour après jour.

Avant d’ajouter une nouvelle activité sur la bienveillance…

Regarde plutôt ton quotidien.

Quand un enfant fait une erreur, comment lui parles-tu ?

Quand deux enfants se disputent, quelle place leur laisses-tu pour chercher une solution ?

Quand un enfant est en colère, essaies-tu d’abord de faire disparaître son comportement… ou de comprendre ce qu’il exprime ?

Qu’est-ce que tu remarques le plus souvent : ce qui dérange ou ce qui progresse ?

Est-ce que chaque enfant peut sentir qu’il a une vraie place dans le groupe ?

Le climat positif se trouve probablement beaucoup plus dans les réponses à ces questions que dans une activité spéciale sur la gentillesse.

La qualité de la relation fait partie de la qualité éducative

On parle beaucoup d’activités, de matériel, d’aménagement ou de planification lorsqu’on parle de qualité au préscolaire.

Mais ce que l’enfant vit dans sa relation avec l’adulte compte tout autant.

Se sentir vu.

Écouté.

Respecté.

Accompagné.

Pouvoir essayer sans avoir peur de se tromper.

Recevoir des limites claires sans être humilié.

C’est aussi ça, une expérience éducative de qualité.

Et ça se construit dans les petits gestes.

Encore.

Et encore.

Toute la journée.

Si tu veux continuer à développer une pratique plus intentionnelle auprès des enfants, c’est exactement cette logique que je travaille dans le Cycle de l’Intervention Éducative QUALITÉ : observer, comprendre, intervenir avec intention et ajuster sa pratique à ce que l’enfant nous montre.

👉 Découvre le Cycle de l’Intervention Éducative QUALITÉ.

Parce que la bienveillance n’est pas une activité qu’on ajoute à notre programmation.

C’est une façon d’être en relation avec l’enfant.